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L'Express est un des grands magazines français. Fondé en 1953 par Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud, dans la ligne politique de Pierre Mendès France, la revue est rachetée par le financier James Goldsmith en 1977, puis par la Compagnie générale d'électricité. L'Express change plusieurs fois d'actionnaires en passant par Vivendi, Universal Publishing (ex-Havas) au groupe Dassault, puis, en 2006, au groupe belge Roularta.

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Docteurs Jazz et Misters Classique
Par Paola Genone et 

Défi, curiosité, amusement... De nombreux artistes s'essaient aujourd'hui au mélange des genres

Une étrange pathologie semble gagner une partie du corps musical. Le jazzman Wayne Shorter en décrit les symptômes: "J'entends Mozart et Karlheinz Stockhausen dans l'oreille gauche, John Coltrane et Ornette Coleman dans l'oreille droite..." Pour se soigner, le saxophoniste se produisait à la Cité de la musique, en décembre dernier, faisant dialoguer son quartette de jazz avec les 102 musiciens symphoniques de l'Orchestre national de Lyon. 

Le cas Shorter n'est pas isolé. A croire que les "Docteur Jazz" et les "Mister Classique" se multiplient comme des doubles croches. Michel Portal, clarinettiste: "On me dit classique? Je me lance dans le jazz. On m'étiquette jazz? Je me jette dans la musique concrète." Pascal Dusapin, star de la partition contemporaine: "Je suis un musicien de jazz frustré." , directeur de l'Orchestre national de jazz (ONJ): "Mon premier concert de jazz, c'était Portal jouant la musique contemporaine d'Anton Webern!" La liste n'est pas close et les compositeurs s'inventent aujourd'hui des passerelles pour aller les uns vers les autres. Voir le patron de l'ONJ, auteur de l'opéra Les Soleils fondus de la cité, qu'il vient de créer avec Philippe Nahon, chef d'orchestre d'Ars Nova, prestigieux ensemble de musique contemporaine. Ou le violoniste Didier Lockwood - à la fois Prix de la Sacem de musique dodécaphonique et jazzman (!) - qui alterne créations d'opéras classiques-swing (Journal d'un usager de l'espace), concerts de pur jazz et bœufs avec son copain Dusapin. 

Rock de chambre

Le premier, Elvis Costello, avait manifesté son inclination, loin, très loin de ses premiers albums rock ou postpunk. Dès 1992, il sort, à la surprise générale, ses Juliet Letters, expérience décalée enregistrée avec le Brodsky Quartet. Costello dit qu'il prend son petit déjeuner avec Haydn et se couche avec Sinatra ou le Kronos Quartet, formation classique auteur d'une reprise de Purple Haze de Jimi Hendrix. Ce distingué touche-à-tout a également accompagné Anne Sofie Von Otter pour Deutsche Grammophon et promu nombre de concerts classiques. A son tour, David Byrne opère un retour en arrière. Ici, il glisse une formation de cordes dans une composition, là revisite un bout d'opéra de Bizet. Byrne a souvent collaboré avec le Balanescu Quartet, qui lui-même avait tenté des reprises de Kraftwerk. Et confesse son goût pour l'opéra: Wagner "pour la texture sonore", mais jamais Mozart, qui lui paraît "très surévalué".

Tendance lourde? Sans doute pas. Mais un faisceau serré d'indices confirme le souci du rock actuel de se ressourcer. Enfant, Hawksley Workman chantait Händel dans les ch
œurs du dimanche. Ses héros, aujourd'hui, se nomment Aaron Copland, Charles Ives, deux classiques contemporains américains, et Eric Satie, dont il aime l' "innocence désespérément triste." Pareil pour Neil Hannon, le très sophistiqué chanteur de Divine Comedy, dont le père, pasteur, jouait Rachmaninov avant la messe. Jusqu'à l'adolescence, le musicien a fait des gammes, l'aidant à maîtriser harmonie et contrepoint. A ses débuts, Hannon faisait jouer un grand orchestre sur Casanova (1996) ou invitait Hillary Summers, la chanteuse d'opéra, sur Fin de siècle (1998). Sorti ces jours-ci, Absent Friends (Labels) confirme les goûts de ce musicien qui confie ne jamais écouter de rock - "C'est la musique de mes parents" - mais plutôt Ravel ou Fauré.

Le classique représente-t-il une vraie source d'inspiration pour les musiciens de rock? Ou un simple élément de décor? Hawksley Workman professe une opinion, radicale: "Cette surexploitation actuelle du classique n'est qu'un cache-misère pour rockers en manque d'inventivité. Le rock est mort. Le classique ne mourra jamais." David Byrne se révèle plus modéré: "Il n'y a jamais eu de vraie rupture dans l'évolution musicale. Le classique n'est jamais que la pop des siècles passés."

Forts d'une certaine appétence du public pour ces mélanges, éditeurs et promoteurs de concerts n'hésitent plus à s'approprier le répertoire pop-rock, des Beatles à Radiohead. Créé aux Pays-Bas, il y a vingt ans, Night of the Proms mêle ainsi chant lyrique, classique, rock et pop dans une grande célébration populaire. "Les puristes peuvent bouder, commente Jacques Plancq, organisateur de la tournée française qui annonce, début mai, Roch Voisine et Patrick Fiori aux côtés des 72 instrumentistes de l'orchestre Il Novecento. Mais, à mes yeux, les 4 millions de spectateurs que nous avons déjà ravis comptent plus."

Que le jazz ait pu avoir pour horizon le grand art de la musique classique, refusant ainsi d'être confiné au particularisme de la culture afro-américaine, n'est pas une nouveauté: Bill Evans prenait des cours avec Nadia Boulanger et Charlie Parker, à la fin de sa vie, étudiait l'harmonie classique. Depuis, nombreux sont les virtuoses de jazz à s'être plongés dans le "grand" répertoire: Wynton Marsalis et le Concerto de Haydn,
, Chick Corea avec The Mozart Sessions ou Jean-Christian Michel  interprétant Bach Jazz  

Juste retour des choses, les musiciens classiques se sont laissé gagner par l'enthousiasme du jazz: Claude Debussy composa Golliwog's Cake-Walk en 1907, Igor Stravinsky dédia Piano Rag Music à Arthur Rubinstein, Maurice Ravel créa un blues, composa deux Suites de jazz, le clarinettiste Benny Goodman et Bela Bartok écrivirent Contrastes. Les sons du classique se colorent d'effets, glissent, dérapent. Les règles d'harmonie s'assouplissent: on ne craint plus la dissonance. Les tempos s'enrichissent d'audaces. Le grand curieux que fut Darius Milhaud se laissera, lui aussi, captiver par les rythmes afro-américains en fréquentant les clubs de Harlem. 

Swing et musique spatialisée, improvisation et cadences parfaites: les noces entre jazz et classique sont célébrées aujourd'hui dans les temples de la "musique savante", relayées par les labels discographiques. Manfred Eicher, contrebassiste et fondateur d'ECM, a lancé Keith Jarrett à l'assaut de monuments classiques - les Variations Goldberg ou les Concertos de Mozart - proposé un Hommage à Rameau par Louis Sclavis et gravé les improvisations du saxophoniste Jan Garbarek sur des polyphonies médiévales (Officium).  

La question se pose alors simplement: y a-t-il émergence d'un nouveau courant musical, celui que le compositeur américain Gunther Schuller appelait de ses vœux en 1957: le Third Stream - la troisième voie? "J'en suis persuadé", lance un enthousiaste Claude Barthélemy. Pour moi, la musique est au carrefour de Sonny Rollins et Pierre Boulez. Et j'essaie de passer au milieu!" Les faits sont là, mais ils se heurtent à la pratique. Selon Didier Lockwood, les musiciens de jazz ont eu plus de facilité à s'imprégner du répertoire classi-que que l'inverse. D'où quelques fausses notes: "Les Marcia aux accents de jazz, créés en 1939 par Bela Bartok, ou les compositions de Darius Milhaud, notamment Trois Rag Caprices, sont plutôt kitsch. La raison est simple: Milhaud a pris l'aspect le plus mauvais du jazz, ses mélodies faciles. Il n'a pas compris que, dans cette musique, le thème n'est qu'un prétexte et que les moments de sophistication ont lieu dans l'improvisation." 

Philippe Nahon enfonce la note: "Les classiques ne possèdent aucun sens du swing. Ils ne jouent que sur les temps forts, alors que dans le jazz tout se passe sur les temps faibles." Ce chef d'orchestre, grand amateur de pédagogie, qui aime autant diriger son ensemble que les harmonies municipales, a rencontré le jazz grâce à Marius Constant, créateur d'Ars Nova et compositeur, notamment, d'un Concerto pour trio de jazz et orchestre joué par Martial Solal. Depuis, il se bat pour que ses musiciens, et les autres, s'enrichissent du jazz: "Au conservatoire, je vois des gamins de 18 ans jouer des notes absolument justes sans jamais rien ressentir. Chez eux, rien ne vibre. Je ne cesse de leur dire que leurs notes sont à jeter à la poubelle si elles ne résonnent pas d'un feeling jazzy indispensable. Les jeunes se cachent derrière une partition, un instrument et, quand ils entendent le mot improvisation, ils deviennent livides." Il y a une dizaine d'années, le clarinettiste Louis Sclavis contacte Ars Nova pour proposer un travail collectif: "Les musiciens ont fui, raconte le patron d'Ars Nova. On a dû abandonner le projet. Il nous a fallu travailler dix ans pour aboutir à une oeuvre comme celle réalisée avec Claude Barthélemy." 

Si Philippe Nahon croit dans un Third Stream, Pascal Dusapin, lui, voit les choses différemment. Il reconnaît l'existence de très beaux mariages mixtes - Laborintus, de Berio, ou les oeuvres inspirées de la musique sérielle du jazzman Anthony Braxton - mais il s'agit, pour lui, d'expériences trop ponctuelles pour qu'on puisse parler d'un véritable phénomène. "Le Third Stream est une illusion, dit-il. Pour créer un courant, il faut une idéologie commune." Cette idéologie a pourtant existé: dans les années 1960, jazz et contemporain avançaient en parallèle, habités par les mêmes idéaux révolutionnaires. Alors que la musique contemporaine se libérait en devenant abstraite, le groupe free-jazz de Sun Ra, abandonnant les formes musicales existantes, se déchirait à coups de solos de trompette et de saxophone. "Mais ces mondes ne communiquent pas assez, commente Dusapin. Si vous demandez à quelqu'un de l'Ircam qui est Sun Ra - ou lorsqu'il était vivant - à Sun Ra ce qu'était l'Ircam, ils ne le savent pas." 

Les faits sont là, l'envie aussi. "Je connais un espace où le compositeur est totalement libre, aujourd'hui, d'expérimenter toutes les nuances d'une troisième voie, lance Didier Lockwood. Fuir l'aspect totalitaire du contemporain ou les chapelles du jazz. Ce lieu est la musique de film." Reste à mettre en place une pédagogie spécifique et à faire, sans doute, évoluer les mentalités. "J'ai toujours envié la complicité et l'esprit de groupe qui lient les musiciens de jazz, souligne Dusapin. Les compositeurs classiques, eux, sont des solitaires." Sollicité par plusieurs jazzmen, il accepte rarement de collaborer: "Quand vous écrivez pour le jazz, vous devez penser à un soliste en particulier. Mais lorsqu'un compositeur classique écrit pour un orchestre, il écrit pour tous les orchestres; quand il compose pour un violoniste, il compose pour tous les violonistes." Parfois, cependant, il se laisse tenter, crée une pièce de contrebasse pour Jean-Paul Celea, insère un big band dans son opéra, Perelà, l'homme de fumée, écrit un concerto swing, Watt, pour le tromboniste classique Alain Trudel. Comme quoi on peut être frileux, sceptique et avoir envie, quand même, de plonger dans le bain. 

Le Third Stream n'est pas encore l'objet de théorisation(s), mais les solistes appartenant aux deux univers se vouent une admiration mutuelle sans bornes et un nouveau profil d'artiste à la palette extrêmement large commence à voir le jour. Le pianiste classique Friedrich Gulda possède un extraordinaire toucher jazzy, le jazzman André Previn est un excellent chef d'orchestre et compositeur classique, Daniel Kramer, élève de Richter, joue magistralement les deux musiques... Ces virtuoses originaux ne peuvent qu'influencer la création musicale. La nouvelle direction de Radio France, à l'écoute de ces tendances, pousse largement ce type d'expériences croisées. En mai 2005, les oeuvres pour violon électroacoustique de Pierre Boulez seront ainsi mises en parallèle avec les solos électroniques de Lockwood. Mais le maître du contemporain ne sera peut-être pas présent. "Le jazz ne m'intéresse pas", dit-il. Le Third Stream est sur la bonne voie: la polémique a toujours fait avancer les choses.

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